En bref : le coût de revient transport routier se calcule en trois termes : un coût au kilomètre (gazole, pneus, entretien), un coût à l'heure (conducteurs) et un coût par jour (véhicule et structure). C'est la méthode trinôme du CNR. Dans notre exemple fictif, un ensemble routier coûte 1,83 € par kilomètre pour un prix de 1,90 € : il reste 7 centimes. La marge se gagne ensuite client par client, tournée par tournée, et sur l'indexation gazole.
Le coût de revient transport routier en trois termes
Connaître son coût de revient transport routier, c'est savoir combien coûte réellement un kilomètre, une heure et une journée de chaque camion. La plupart des PME de transport suivent un coût moyen au kilomètre. C'est un bon début, mais il mélange des charges qui n'évoluent pas de la même façon.
- Le gazole, les pneus et l'entretien suivent les kilomètres.
- Les conducteurs se paient à l'heure, que le camion roule, attende au quai ou charge.
- Le véhicule et la structure coûtent chaque jour, que le camion roule ou non.
Le personnel de conduite pèse à lui seul 35 à 40 % du coût de revient d'un poids lourd, en longue distance comme en régional, selon le Comité national routier (CNR). Une tournée courte avec deux heures d'attente ne coûte donc pas son kilométrage : elle coûte surtout ses heures et sa journée.
La méthode trinôme du CNR
Le CNR, qui publie les indices et les références de coûts du transport routier, décompose le coût d'un véhicule en trois termes. Ses simulateurs, dont un simulateur trinôme, sont sur cnr.fr.
- Le terme kilométrique (CK), en € par km : gazole, pneumatiques, entretien et réparations, péages non refacturés.
- Le terme horaire (CC), en € par heure : salaires des conducteurs, charges patronales, frais de déplacement, divisés par les heures de service.
- Le terme journalier (CJ), en € par jour : amortissement ou loyer du véhicule, frais financiers, assurances, taxes et part des frais de structure, divisés par les jours d'exploitation.
Le coût de revient kilométrique d'un camion n'est alors qu'un résultat : le coût annuel divisé par les kilomètres de l'année. Ce sont les trois termes qui servent à chiffrer une tournée ou à répondre à un appel d'offres.
Les trois termes du CNR, la marge de chaque tournée et le contrôle de l'indexation gazole, avec l'exemple de cet article.
Exemple chiffré : un ensemble routier de 110 000 km par an
Exemple fictif, construit pour l'illustration : ce n'est ni un cas client ni une moyenne du secteur. Un ensemble 40 tonnes parcourt 110 000 km par an, en charge et à vide, sur 220 jours, avec 2 200 heures de service conducteur.
| Terme | Calcul | Résultat |
|---|---|---|
| Kilométrique (CK) | gazole 33 l aux 100 km à 1,15 € HT, soit 0,38 € + pneus et entretien 14 355 € ÷ 110 000 km | 0,51 €/km |
| Horaire (CC) | (50 000 € de salaires bruts × 1,30 + 9 800 € de frais de déplacement) ÷ 2 200 h | 34,00 €/h |
| Journalier (CJ) | (37 400 € de véhicule + 33 000 € de structure) ÷ 220 jours | 320 €/jour |
| Coût annuel | 56 100 € + 74 800 € + 70 400 € | 201 300 € |
| Coût de revient au km | 201 300 € ÷ 110 000 km | 1,83 €/km |
Le taux de charges patronales de 30 % est une hypothèse de l'exemple : retenez le vôtre, que votre expert-comptable vous donne. Rapporté au kilomètre, le coût se répartit ainsi :
| Poste | € par km parcouru |
|---|---|
| Prix moyen facturé | 1,90 € |
| Conducteurs | 0,68 € |
| Gazole | 0,38 € |
| Véhicule (amortissement, pneus, entretien, assurances, taxes) | 0,47 € |
| Frais de structure | 0,30 € |
| Marge | 0,07 €, soit 3,7 % du prix |
Les conducteurs représentent ici 37 % du coût, dans la fourchette du CNR. Le gazole en représente 21 %, proche de la pondération de 20,9 % retenue par le CNR pour un ensemble articulé longue distance en 2026 (historique des pondérations du CNR). Sept centimes par kilomètre font 7 700 € de marge sur l'année pour ce camion. Chaque centime de plus au kilomètre rapporte 1 100 € par an.
Du coût au kilomètre à la marge par client et par tournée
Le coût moyen au kilomètre ne dit pas quel client rapporte. Pour le savoir, on chiffre chaque tournée avec les trois termes, sur tous les kilomètres parcourus, à vide compris. Toujours avec notre exemple fictif :
| Tournée (exemple fictif) | Km en charge / à vide | Heures | Prix facturé | Coût de revient | Marge |
|---|---|---|---|---|---|
| Client A : longue distance, retour à vide partiel | 450 / 150 | 11 h | 922,50 € (2,05 €/km) | 1 000,00 € | −77,50 € |
| Client B : aller-retour avec fret retour | 520 / 30 | 10 h | 988,00 € (1,90 €/km) | 940,50 € | +47,50 € |
| Client C : distribution régionale au forfait | 220 / 40 | 9 h | 780,00 € | 758,60 € | +21,40 € |
Le calcul du client A : 0,51 € × 600 km + 34 € × 11 h + 320 € × 1 jour = 1 000 €. C'est le client qui paie le plus cher au kilomètre en charge, et pourtant chaque tournée coûte 77,50 € de plus qu'elle ne rapporte. Ses 150 km à vide et ses 11 heures de service expliquent l'écart.
Le client C paie 3,55 € par kilomètre en charge, ce qui paraît élevé. Mais sa tournée est surtout faite d'heures et d'une journée de camion : sa marge reste juste. Trois décisions s'offrent au dirigeant :
- tarifer le retour à vide, ou chercher un fret retour ;
- facturer l'attente au quai au-delà d'un délai convenu ;
- passer d'un prix au kilomètre à un prix qui suit les trois termes pour les tournées courtes.
Indexation gazole : la hausse facturée est-elle la hausse due ?
Le gazole bouge vite. En mars 2026, sa hausse a augmenté de 4,2 % le coût de revient total d'un ensemble articulé, selon un communiqué du CNR. La loi encadre sa répercussion.
- L'article L3222-1 du code des transports prévoit que, si le contrat mentionne les charges de carburant retenues pour fixer le prix, ce prix est révisé de plein droit selon leur variation. La facture fait apparaître ces charges.
- À défaut de clause, l'article L3222-2 renvoie aux indices publiés par le CNR.
- L'article L3222-9 rend ces règles d'ordre public (chapitre du code sur Légifrance).
Exemple fictif, indices compris : le client A a été facturé 20 000 € hors indexation en octobre. Le gazole pèse 20 % du prix et l'indice est passé de 100 à 110, soit +10 %. La hausse due est de 20 000 € × 20 % × 10 % = 400 €. Si la surcharge facturée n'est que de 300 €, il reste 100 € par mois à récupérer, 1 200 € sur un an.
Le contrôle se fait client par client : chaque contrat a sa part gazole et son indice de référence. L'indexation joue aussi à la baisse. Pour l'application à vos contrats, interrogez votre avocat ou votre expert-comptable.
Ce que nous suivons chaque mois
Un coût de revient calculé une fois par an vieillit vite. Notre équipe a dirigé et géré des entreprises de transport. Chaque mois, nous suivons pour vous :
- le coût de revient de chaque véhicule, recalculé avec vos vrais chiffres ;
- la marge par client et par tournée, kilomètres à vide compris ;
- l'écart entre l'indexation gazole due et l'indexation facturée ;
- la trésorerie à 90 jours, avec les délais de paiement de vos clients.
Pour faire le calcul seul, notre outil Excel gratuit de coût de revient et de marge par client reprend les trois termes, les tournées et l'indexation gazole, avec l'exemple de cet article. Pour en parler, réservez un audit flash de 30 minutes, offert. Notre offre pour le secteur est décrite sur la page transport et logistique.
Questions fréquentes
Quelle différence entre le coût au kilomètre et la méthode trinôme ?
Le coût au kilomètre est une moyenne : le coût annuel divisé par les kilomètres. La méthode trinôme sépare ce qui dépend des kilomètres, des heures et des jours. Elle permet de chiffrer juste une tournée courte, une attente ou un retour à vide.
Faut-il compter les kilomètres à vide dans le coût d'un client ?
Oui, quand c'est sa tournée qui les impose. Un retour à vide se paie sur la marge de l'aller. Le rattacher au bon client montre ce qu'il rapporte vraiment.
À quelle fréquence recalculer son coût de revient ?
Au moins une fois par an, et à chaque variation forte du gazole, des salaires ou des loyers de véhicules. Un suivi mensuel montre tout de suite si les prix décrochent des coûts.
Le coût de revient aide-t-il pour la capacité financière ?
Il aide à anticiper le résultat et les capitaux propres avant la clôture. L'attestation de capacité financière reste établie et signée par votre expert-comptable. Nous préparons les chiffres en amont.

Article rédigé par François et notre équipe, FG Conseils PME. François a dirigé des PME pendant 15 ans, jusqu'à 20 M€ de chiffre d'affaires ; notre équipe a dirigé et géré des entreprises de transport. Publié le 5 novembre 2026.